
Temples, fêtes, marche sur le feu, Cavadee, Dipavali et pratiques tamoules créolisées.
Nout Rasinn
La Réunion ne s’explique pas par une seule origine, une seule langue ou une seule religion. Notre île s’est formée dans la rencontre — souvent douloureuse, parfois imposée, toujours transformée — entre des femmes et des hommes venus d’Afrique, de Madagascar, d’Europe, d’Inde, de Chine, des Comores et d’ailleurs.
Cette page veut raconter cette réalité réunionnaise sans réduire les personnes à une étiquette : l’histoire des arrivées, la vie des familles, les héritages spirituels, les pratiques religieuses locales et le long travail de créolisation qui a fait naître un peuple.

Temples, fêtes, marche sur le feu, Cavadee, Dipavali et pratiques tamoules créolisées.

Mosquées, transmission familiale, solidarité et histoire des familles musulmanes de l’île.
Paroisses, chapelles, processions et ancrage profond dans l’histoire sociale de l’île.

Pagodes, culte des ancêtres, Guan Di et présence chinoise dans la mémoire réunionnaise.
Comprendre le peuple réunionnais
L’histoire réunionnaise porte des réalités très différentes : la colonisation, l’esclavage, le marronnage, l’abolition, l’engagisme, les migrations libres, les commerces, les unions mixtes, les transmissions spirituelles, les pratiques familiales et la vie quotidienne dans les quartiers et les communes.
Être Réunionnais, ce n’est pas seulement additionner des provenances. C’est aussi avoir fait naître ici une manière d’être au monde : parler créole, partager des fêtes, goûter des cuisines venues d’ailleurs mais transformées localement, se reconnaître dans plusieurs héritages et vivre ensemble malgré les blessures de l’histoire.
Les grandes composantes
Une part fondamentale de la société réunionnaise s’est construite à travers la traite et l’esclavage. Des femmes et des hommes arrachés à l’Afrique orientale, à Madagascar et aux îles voisines ont profondément marqué la langue, la cuisine, les rythmes, les croyances et les lignées familiales de l’île.
La colonisation française, les concessions, les habitations puis les familles créoles blanches, petits blancs ou « yabs », ont également façonné le peuplement, l’économie sucrière et l’organisation religieuse, sociale et territoriale de l’île.
Après l’abolition, de nombreux engagés arrivent du sous-continent indien. Leur présence marque durablement La Réunion : langues, noms, cuisine, rites, temples, familles et figures culturelles participent à la construction du peuple réunionnais.
Des familles musulmanes venues principalement de l’ouest de l’Inde s’installent comme commerçants et bâtissent des lieux de prière, des réseaux économiques et une mémoire propre. À La Réunion, on les désigne souvent comme « Zarabs », mot local à expliquer avec précision et respect.
Des migrants d’origine chinoise ont ouvert des commerces, fondé des familles, conservé des rites, développé des pagodes et participé à l’essor économique et culturel de l’île. De nombreuses familles ont ensuite connu des trajectoires mêlées et parfois le catholicisme.
Comoriens, Malgaches arrivés librement, Mauriciens, Métropolitains, voyageurs, marins et nouveaux Réunionnais complètent cette histoire. La Réunion est un carrefour où les appartenances se recomposent sans cesse.
Grande chronologie
Les premières installations durables ouvrent l’histoire coloniale de l’île. Dès ce moment, La Réunion devient un espace de circulations maritimes et de dépendance vis-à-vis d’empires commerciaux et coloniaux.
La richesse de l’île se construit sur le travail forcé. Les personnes esclavisées venues d’Afrique et de Madagascar sont au cœur de la formation humaine, culturelle et linguistique de La Réunion, malgré la violence du système.
L’abolition met fin légalement à l’esclavage mais n’efface ni les hiérarchies ni les blessures. Les familles nouvellement libres doivent reconstruire leur vie dans une société encore profondément inégalitaire.
Arrivée d’engagés indiens, installation de familles musulmanes commerçantes, présence chinoise croissante : les racines réunionnaises se diversifient et les lieux de culte se multiplient.
Les appartenances se croisent davantage. On voit se développer des familles où plusieurs héritages cohabitent, des rites qui s’influencent, et un créole réunionnais qui devient langue de lien.
La Réunion continue de faire vivre un modèle fragile mais précieux : reconnaître les blessures du passé, honorer les origines sans enfermer les personnes, et transmettre un vivre-ensemble qui s’appuie sur le respect des différences.
Religions vécues ici
À La Réunion, l’hindouisme s’est enraciné avec les arrivées indiennes et s’est transformé dans la vie locale. On y rencontre des temples urbains ou de quartier, des chapelles familiales, des cérémonies et de grandes fêtes populaires.
L’islam réunionnais est lié à l’histoire des familles musulmanes venues principalement du Gujarat, devenues commerçantes, bâtisseuses de mosquées et actrices du tissu économique et social. La mosquée Noor-e-Islam à Saint-Denis est l’un de ses repères majeurs.
Le catholicisme arrive avec la colonisation et structure durablement la vie religieuse de l’île : paroisses, missions, chapelles, processions, pèlerinages, fêtes patronales et présence dans les grandes étapes de la vie familiale.
Les familles d’origine chinoise ont contribué à la vie commerçante, associative et culturelle réunionnaise. Les pagodes, le culte des ancêtres, la mémoire des lignées, certaines fêtes et pratiques rituelles restent des repères importants de cette présence.
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