Ils font circuler personnages, peurs, ruses, paysages et valeurs par la parole.
Nout Kiltir • Mémoire vivante
Mémoire orale & fonnkèr
La parole créole, les récits et la poésie comme patrimoine vivant.
Fonnkèr
Mettre en mots ce qui vient du fond du cœur
Le mot fonnkèr renvoie au “fond du cœur” : il désigne à La Réunion une manière d’exprimer un état intérieur, une émotion, une pensée ou une parole profondément personnelle. Cette expression prend notamment la forme de poésie en créole, dite, écrite ou portée par la musique.
Le fonnkèr appartient à une culture où la parole compte autant que le texte. Dans les kabar fonnkèr, la voix, le rythme, le créole et la présence de celui ou celle qui dit donnent au poème une dimension collective. Cette pratique continue aujourd’hui à être transmise aux jeunes générations.
Mémoire orale
Contes, proverbes, sirandanes et récits familiaux
Devinettes et jeux de langage où l’écoute et l’imagination comptent autant que la réponse.
Formules courtes qui condensent expérience, humour, prudence ou regard sur les relations humaines.
Souvenirs de travail, de quartier, de cyclone, de migration ou de fête qui complètent les archives écrites.
Prononciation, tournures et variantes locales sont une partie du patrimoine, pas un simple habillage du français.
Écoles, familles, artistes et associations maintiennent la parole vivante en la faisant pratiquer.
Le regard de Mwin Lé Réunion
Écouter avant de résumer
Une mémoire orale ne se traite pas comme une citation isolée. Il faut savoir qui parle, dans quel contexte, à propos de quel lieu et avec quelle part de souvenir personnel. Mwin Lé Réunion conserve donc la différence entre un fait historique vérifié et un témoignage vécu.
Notre choix éditorial est de donner toute sa valeur à la parole originale, particulièrement lorsqu’elle est en créole. Une transcription ou une traduction peut aider à comprendre, mais elle ne doit pas effacer la voix, le rythme ni les mots de la personne qui transmet.
