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Nout Agriculture Péi
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NOUT AGRIKILTIR · LE GRAND DOSSIER DE L'AGRICULTURE PÉI

Nout Agriculture Péi

Ce que La Réunion cultive, vend, cuisine et transmet raconte une histoire commune.
Du panier lontan au champ moderne : légumes, grains, chouchou, ananas, fleurs, plantes aromatiques et médicinales, marchés, eau, techniques et agriculture de demain.

OUVERTURE · LA TERRE NOURRIT LE PÉI

Après les grandes cultures, voici la mosaïque réunionnaise

Piments proposés sur un marché de La Réunion

Marché péi. Les étals rendent visibles la diversité des productions, les saisons et le lien direct entre la terre et l’alimentation.

Les grandes sagas — café, coton, canne, vanille, géranium, vétiver — racontent la construction économique de Bourbon puis de La Réunion. Mais la terre réunionnaise ne se résume jamais à une monoculture.

Dans les jardins, les Hauts, les ravines, les marchés et les petites exploitations se maintient une autre histoire : celle de la diversité nourricière.

Derrière chaque production se trouve une même question : comment une île nourrit-elle sa population ?

Salades cultivées sur une parcelle pédagogique à La RéunionMaraîchage
Cultures associées de maïs et de haricotsGrains
Chouchou récolté à La RéunionChouchou de Salazie
Champ d’ananas Victoria à La RéunionAnanas Victoria
Fleur photographiée dans la forêt du Grand Matarum à CilaosFleurs péi
Produits agricoles présentés sur une table de venteMarchés et produits péi
Observation du sens naturel de l’eau sur une parcelleEau et agriculture
PHOTOTHÈQUE · NOUT PRODUITS, NOUT TERROIRS

Productions et paysages agricoles de La Réunion

Les produits prennent tout leur sens lorsqu’ils sont replacés dans leurs terroirs, leurs gestes et leurs paysages.

1 · NOUT MARAÎCHAGE

Du jardin vivrier aux champs de légumes

Grâce aux écarts d'altitude, La Réunion peut produire des légumes tropicaux sur le littoral et des légumes de climat plus frais dans les Hauts. Le maraîchage est devenu l'un des visages les plus diversifiés de l'agriculture locale.

SemerRepiquerIrriguerProtégerRécolterTrierVendre
2 · NOUT GRIN

Maïs, pois et haricots : le fond du garde-manger

Épi de maïs mûr sur son plant

Maïs

Culture vivrière historique, le maïs nourrit les familles et les animaux. En culture associée, ses tiges peuvent servir de support aux haricots grimpants.

Plant de haricot portant ses gousses

Haricots

Rouges, blancs ou issus de variétés locales, les haricots sont récoltés en gousses puis séchés et écossés. Ils occupent une place centrale dans le repas créole.

Pois du Cap secs et écossés

Pois du Cap

Cette légumineuse complète le riz et les caris. La photographie montre le grain réel ; la culture, la récolte et le séchage seront documentés séparément lorsque l’image est disponible.

À La Réunion, le grain n'est pas seulement une culture : il fait partie de l'architecture du repas créole.

La lentille de Cilaos : une culture et un patrimoine vivant

Plant de lentilles photographié à Cilaos
En parcelle. Les gousses se développent sur une plante basse. Photo Miwok, CC0.

Présente à La Réunion depuis le XIXᵉ siècle, la lentille est étroitement liée au cirque de Cilaos. Les petites parcelles, le relief, les sols et le travail manuel donnent à cette production une identité territoriale forte.

Après la maturité viennent l’arrachage, le séchage, le battage, le vannage et le tri. La mécanisation existe, mais une partie de la récolte conserve des gestes traditionnels.

La Fête de la Lentille : du champ à la vie du cirque

Chaque édition met le produit en relation avec celles et ceux qui le cultivent : producteurs, vente de récolte, cuisine, animations, transmission et identité communale. L’édition 2025 a accompagné les 60 ans de la commune. La mairie annonce l’édition 2026 du 14 au 18 octobre 2026.

3 · NOUT CHOUCHOU · SALAZIE

Une plante qui grimpe jusque dans l'identité du cirque

Treille de chouchous à Îlet-à-Vidot, Salazie

Salazie. Chouchous sous treille à Îlet-à-Vidot. Photo David Monniaux, CC BY-SA 3.0.

Le chouchou — christophine ou chayote ailleurs — est devenu indissociable de Salazie. Il se cultive sur des treilles qui dessinent un paysage agricole particulier.

Presque toute la plante peut entrer dans les usages : fruit, pousses — brèdes chouchou — et racine. Gratin, daube, cari, salade ou gâteau montrent comment une culture devient patrimoine culinaire.

À Salazie, le chouchou n'est pas seulement dans l'assiette : il est dans le paysage.
4 · NOUT ANANAS

Le Victoria, petit fruit devenu grande signature

Ananas Victoria sur son plant à La Réunion

Dans la parcelle. Ananas Victoria photographié à La Réunion. Photo David Monniaux, CC BY-SA 3.0.

L'ananas est originaire d'Amérique tropicale. À La Réunion, le cultivar Victoria s'est imposé par sa petite taille, son parfum et sa forte teneur en sucre.

La production demande préparation du sol, plantation, entretien, parfois induction florale, surveillance, récolte et tri. Une partie est consommée localement ; une autre alimente des circuits de qualité et d'exportation.

PlantationCroissanceFloraisonFruitRécolte
5 · NOUT FRUITS LONTAN · JARDIN KRÉOL

Les fruits qu'il ne faut surtout pas laisser disparaître de notre mémoire

Le patrimoine fruitier réunionnais ne s'arrête ni à l'ananas, ni au letchi, ni à la mangue. Le CIRAD a recensé près de 135 espèces fruitières dans le patrimoine de l'île : certaines commerciales, d'autres sauvages, et beaucoup conservées dans les jardins créoles.

Le jardin créole est aussi une banque de mémoire végétale. Certaines espèces peu vendues aujourd'hui ont survécu parce qu'une famille a continué à garder un arbre derrière la case.

Et la liste continue…

Le patrimoine documenté par le CIRAD comprend aussi : jambrosade / jambrosat, jamblon, vavangue, bilimbi, pomme cythère, cainitier, mangoustan, bibasse, longani, goyavier, girembelle, jujube, grenadier, macadamia, mambolo, ramboutan, pitaya, tomate arbuste, rima, salak, pomme d'accot, pomme latanier et de nombreuses autres espèces. Mwin Lé Réunion doit justement permettre de remettre des visages sur ces noms.

L'arbreLa fleurLe fruitLa récolteL'usageLa transmissionLe jardin créole

Zembrozade, vangasaye, orangine, citron galet…

Certains noms sont beaucoup moins connus du grand public mais vivent encore dans les exploitations et la mémoire locale. Une expérience agricole patrimoniale de Sainte-Anne cite notamment vangasaye, orangine, tomate arbuste, zembrozade et citron galet parmi les fruits et plantes montrés aux visiteurs. Ils ont donc toute leur place dans notre inventaire vivant.

6 · NOUT RASINN · LES RACINES QUI ONT NOURRI LE PÉI

Manioc, patate douce, songe, cambar, conflore

Avant le riz importé à grande échelle et bien avant les produits transformés, les racines et tubercules occupaient une place essentielle dans l'alimentation quotidienne. Elles résistaient, nourrissaient et pouvaient être cultivées sur de petites parcelles.

En 2026, les marchés forains réunionnais proposent toujours manioc, patate douce, songe et cambarre. Ce ne sont pas des souvenirs figés : ce sont encore des cultures vivantes.
PlanterAttendreFouillerRécolterBouillirCuisiner
7 · SEPT PRODUITS QUI MANQUAIENT ENCORE

Palmiste, vacoa, curcuma, ail, babafigue et margoze

Palmiste : manger sans détruire

Le chou correspond au bourgeon terminal : le prélever tue le palmier. La culture encadrée est donc essentielle. À La Réunion, palmistes blanc et rouge sont associés à une gastronomie festive et patrimoniale.

Vacoa : du fruit au panier

Le vacoa est l'exemple parfait d'une plante à usages multiples. Le fruit entre dans certaines préparations culinaires, tandis que les feuilles séchées sont tressées pour fabriquer paniers, nattes et objets artisanaux.

Curcuma : une vallée devenue terroir

À la Plaine des Grègues, le curcuma — appelé aussi safran péi — structure une partie de l'identité agricole locale : champs, récolte des rhizomes, séchage, transformation et fête du terroir.

Ail : Petite-Île

Petite-Île est directement associée à l'ail dans la mémoire agricole réunionnaise. Le produit est suffisamment identitaire pour disposer de sa propre fête annuelle.

Babafigue : la fleur devient légume

À La Réunion, la fleur du bananier n'est pas un déchet : son cœur est travaillé et cuisiné. Cette pratique illustre parfaitement l'économie ancienne du jardin créole, où presque tout pouvait servir.

Margoze : l'amertume comme patrimoine

Cette cucurbitacée grimpante est cultivée à petite échelle dans les jardins. Son amertume très forte en fait un produit particulier de la cuisine et des savoirs traditionnels.

8 · NOUT FLEURS

Quand la terre produit aussi de la beauté

Frangipanier en fleurs à La Réunion
Fleur péi. Frangipanier photographié à La Réunion. Photo Jean-Pierre Dalbéra, CC BY 2.0.

L'horticulture utilise pleinement la variété des microclimats réunionnais. Héliconias, anthuriums, fleurs coupées, plantes en pot, feuillages et pépinières constituent une activité agricole à part entière.

Elle raconte aussi l'évolution des goûts, des jardins, des cérémonies et de l'aménagement des espaces publics.

9 · NOUT PLANTES AROMATIQUES & MÉDICINALES

Entre agriculture, savoir familial et patrimoine botanique

Cette partie doit être racontée avec une précaution particulière : les usages traditionnels sont un patrimoine culturel, mais ils ne remplacent pas un diagnostic ou un traitement médical.

Plantes aromatiques

Citronnelle, quatre-épices, curcuma, gingembre et autres plantes passent du jardin à la cuisine ou à la transformation.

Tisanes péi

Les savoirs de cueillette et de préparation sont transmis dans de nombreuses familles et font partie du patrimoine immatériel.

Huiles & extraits

Géranium et vétiver relient déjà ce chapitre aux grandes cultures aromatiques racontées ailleurs dans NOUT AGRIKILTIR.

Patrimoine vivant

Noms créoles, usages familiaux, gestes de préparation et savoirs botaniques relient les plantes aux territoires et aux générations.

10 · DU CHAMP AU BAZAR

La deuxième vie de la récolte commence au marché

Lontan. Marché couvert, paniers, vente en vrac et relations directes.

Aujourd'hui. Le marché forain reste une vitrine essentielle de la production péi.

ProducteurBazardierPeséeMarchéTransportDistributionFamille

Entre ces deux images se trouve toute l'évolution du commerce agricole : routes, véhicules, chambres froides, normes, coopératives, centrales d'achat, marchés forains, vente directe et aujourd'hui circuits courts.

Le patrimoine agricole ne s'arrête pas à la barrière du champ. Il continue dans la manière de transporter, peser, vendre et acheter.
9 · L'EAU, LE SOL, LES OUTILS

Les conditions invisibles derrière chaque panier

Eau

Pluie, captage, retenues, irrigation et goutte-à-goutte déterminent ce qu'il est possible de produire.

Sol

Volcanique ne veut pas dire uniforme : altitude, pente, profondeur et matière organique changent d'une zone à l'autre.

Outils lontan

Pioche, sabre, panier, arrosoir, houe et gestes manuels façonnent longtemps le travail.

Mécanisation

Motoculteurs, tracteurs et véhicules réduisent certains efforts mais restent contraints par les fortes pentes.

Serres

Elles protègent certaines productions et permettent de mieux contrôler eau, climat et ravageurs.

Biocontrôle

Auxiliaires et nouvelles pratiques participent à la réduction de certains traitements.

12 · NOUT AGRICULTURE DEMAIN

Produire davantage péi sans épuiser la terre

La question moderne n'est plus seulement « que pouvons-nous cultiver ? ». Elle devient : comment produire localement, résister aux cyclones et sécheresses, économiser l'eau, protéger les sols, réduire les intrants et permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier ?

Agroécologie

Associer les cultures, couvrir le sol et favoriser les équilibres naturels.

Économie d'eau

Observer les besoins, stocker et irriguer avec précision.

Biodiversité

Préserver les pollinisateurs, les auxiliaires et les variétés adaptées.

Circuits courts

Rapprocher production, transformation, marché et consommation.

Outils numériques

Mieux suivre la météo, l'irrigation, les cultures et la commercialisation.

Transmission

Former, documenter les gestes et permettre l'installation de nouvelles générations.

L'avenir de l'agriculture réunionnaise ne consiste pas à effacer le lontan. Il consiste à prendre ce qu'il nous a appris et l'adapter au monde qui vient.
13 · GRANDE FRISE

De la subsistance à l'autonomie alimentaire

XVIIᵉ
Premiers jardins et élevages de subsistance.
XVIIIᵉ
Vivres et cultures commerciales se développent ensemble.
XIXᵉ
La canne domine de nombreux territoires mais les vivres persistent.
1940–45
Les pénuries rappellent l'importance de produire pour se nourrir.
1960–80
Diversification moderne, routes, irrigation et encadrement technique.
1980–2000
Filières, serres, marchés forains et spécialisation progressent.
2000–20
Qualité, biocontrôle, niches et nouvelles techniques.
Aujourd'hui
Autonomie alimentaire, climat, eau et transmission deviennent des enjeux majeurs.
CLÔTURE · NOUT AGRIKILTIR

Une agriculture, mille visages

Café, coton, canne, épices, vanille, géranium, vétiver, vivres, vergers, élevage, maraîchage, fruits lontan, racines, palmiste, vacoa, curcuma, ail, babafigue, margoze…

L'agriculture réunionnaise n'est pas une succession de produits. C'est l'histoire de celles et ceux qui ont appris à nourrir, transformer et habiter une île volcanique.

Archives, témoignages, objets, gestes techniques et mémoires familiales permettent de prolonger cette histoire et de la transmettre aux générations suivantes.

Transversalités

Cette histoire rejoint toute l’île

Terroirs et microclimats

Altitude, pluies, vents et sols permettent une grande diversité de productions sur un territoire restreint.

Cuisine et migrations

Fruits, grains, brèdes, racines et épices racontent les apports successifs des populations de l’île.

Marchés et revenus

Bazars, marchés forains, circuits courts et transformations relient producteurs et consommateurs.

Santé et précaution

Les plantes aromatiques et médicinales relèvent d’un patrimoine culturel ; leurs usages ne remplacent jamais un avis médical.