Terroirs et microclimats
Altitude, pluies, vents et sols permettent une grande diversité de productions sur un territoire restreint.
Ce que La Réunion cultive, vend, cuisine et transmet raconte une histoire commune.
Du panier lontan au champ moderne : légumes, grains, chouchou, ananas, fleurs, plantes aromatiques et médicinales, marchés, eau, techniques et agriculture de demain.

Marché péi. Les étals rendent visibles la diversité des productions, les saisons et le lien direct entre la terre et l’alimentation.
Les grandes sagas — café, coton, canne, vanille, géranium, vétiver — racontent la construction économique de Bourbon puis de La Réunion. Mais la terre réunionnaise ne se résume jamais à une monoculture.
Dans les jardins, les Hauts, les ravines, les marchés et les petites exploitations se maintient une autre histoire : celle de la diversité nourricière.
Derrière chaque production se trouve une même question : comment une île nourrit-elle sa population ?
Maraîchage
Grains
Chouchou de Salazie
Ananas Victoria
Fleurs péi
Marchés et produits péi
Eau et agricultureLes produits prennent tout leur sens lorsqu’ils sont replacés dans leurs terroirs, leurs gestes et leurs paysages.






Grâce aux écarts d'altitude, La Réunion peut produire des légumes tropicaux sur le littoral et des légumes de climat plus frais dans les Hauts. Le maraîchage est devenu l'un des visages les plus diversifiés de l'agriculture locale.






Culture vivrière historique, le maïs nourrit les familles et les animaux. En culture associée, ses tiges peuvent servir de support aux haricots grimpants.

Rouges, blancs ou issus de variétés locales, les haricots sont récoltés en gousses puis séchés et écossés. Ils occupent une place centrale dans le repas créole.

Cette légumineuse complète le riz et les caris. La photographie montre le grain réel ; la culture, la récolte et le séchage seront documentés séparément lorsque l’image est disponible.

Présente à La Réunion depuis le XIXᵉ siècle, la lentille est étroitement liée au cirque de Cilaos. Les petites parcelles, le relief, les sols et le travail manuel donnent à cette production une identité territoriale forte.
Après la maturité viennent l’arrachage, le séchage, le battage, le vannage et le tri. La mécanisation existe, mais une partie de la récolte conserve des gestes traditionnels.
Repères documentaires : Île de La Réunion Tourisme.
Chaque édition met le produit en relation avec celles et ceux qui le cultivent : producteurs, vente de récolte, cuisine, animations, transmission et identité communale. L’édition 2025 a accompagné les 60 ans de la commune. La mairie annonce l’édition 2026 du 14 au 18 octobre 2026.
Retour sur l’édition 2025 · Annonce officielle 2026. Les photographies officielles de la manifestation ne sont pas recopiées sans autorisation ; les liens conduisent aux publications de la commune.

Salazie. Chouchous sous treille à Îlet-à-Vidot. Photo David Monniaux, CC BY-SA 3.0.
Le chouchou — christophine ou chayote ailleurs — est devenu indissociable de Salazie. Il se cultive sur des treilles qui dessinent un paysage agricole particulier.
Presque toute la plante peut entrer dans les usages : fruit, pousses — brèdes chouchou — et racine. Gratin, daube, cari, salade ou gâteau montrent comment une culture devient patrimoine culinaire.

Dans la parcelle. Ananas Victoria photographié à La Réunion. Photo David Monniaux, CC BY-SA 3.0.
L'ananas est originaire d'Amérique tropicale. À La Réunion, le cultivar Victoria s'est imposé par sa petite taille, son parfum et sa forte teneur en sucre.
La production demande préparation du sol, plantation, entretien, parfois induction florale, surveillance, récolte et tri. Une partie est consommée localement ; une autre alimente des circuits de qualité et d'exportation.
Le patrimoine fruitier réunionnais ne s'arrête ni à l'ananas, ni au letchi, ni à la mangue. Le CIRAD a recensé près de 135 espèces fruitières dans le patrimoine de l'île : certaines commerciales, d'autres sauvages, et beaucoup conservées dans les jardins créoles.















Le patrimoine documenté par le CIRAD comprend aussi : jambrosade / jambrosat, jamblon, vavangue, bilimbi, pomme cythère, cainitier, mangoustan, bibasse, longani, goyavier, girembelle, jujube, grenadier, macadamia, mambolo, ramboutan, pitaya, tomate arbuste, rima, salak, pomme d'accot, pomme latanier et de nombreuses autres espèces. Mwin Lé Réunion doit justement permettre de remettre des visages sur ces noms.
Certains noms sont beaucoup moins connus du grand public mais vivent encore dans les exploitations et la mémoire locale. Une expérience agricole patrimoniale de Sainte-Anne cite notamment vangasaye, orangine, tomate arbuste, zembrozade et citron galet parmi les fruits et plantes montrés aux visiteurs. Ils ont donc toute leur place dans notre inventaire vivant.
Avant le riz importé à grande échelle et bien avant les produits transformés, les racines et tubercules occupaient une place essentielle dans l'alimentation quotidienne. Elles résistaient, nourrissaient et pouvaient être cultivées sur de petites parcelles.










Le chou correspond au bourgeon terminal : le prélever tue le palmier. La culture encadrée est donc essentielle. À La Réunion, palmistes blanc et rouge sont associés à une gastronomie festive et patrimoniale.
Le vacoa est l'exemple parfait d'une plante à usages multiples. Le fruit entre dans certaines préparations culinaires, tandis que les feuilles séchées sont tressées pour fabriquer paniers, nattes et objets artisanaux.
À la Plaine des Grègues, le curcuma — appelé aussi safran péi — structure une partie de l'identité agricole locale : champs, récolte des rhizomes, séchage, transformation et fête du terroir.
Petite-Île est directement associée à l'ail dans la mémoire agricole réunionnaise. Le produit est suffisamment identitaire pour disposer de sa propre fête annuelle.
À La Réunion, la fleur du bananier n'est pas un déchet : son cœur est travaillé et cuisiné. Cette pratique illustre parfaitement l'économie ancienne du jardin créole, où presque tout pouvait servir.
Cette cucurbitacée grimpante est cultivée à petite échelle dans les jardins. Son amertume très forte en fait un produit particulier de la cuisine et des savoirs traditionnels.

L'horticulture utilise pleinement la variété des microclimats réunionnais. Héliconias, anthuriums, fleurs coupées, plantes en pot, feuillages et pépinières constituent une activité agricole à part entière.
Elle raconte aussi l'évolution des goûts, des jardins, des cérémonies et de l'aménagement des espaces publics.
Cette partie doit être racontée avec une précaution particulière : les usages traditionnels sont un patrimoine culturel, mais ils ne remplacent pas un diagnostic ou un traitement médical.
Citronnelle, quatre-épices, curcuma, gingembre et autres plantes passent du jardin à la cuisine ou à la transformation.
Les savoirs de cueillette et de préparation sont transmis dans de nombreuses familles et font partie du patrimoine immatériel.
Géranium et vétiver relient déjà ce chapitre aux grandes cultures aromatiques racontées ailleurs dans NOUT AGRIKILTIR.
Noms créoles, usages familiaux, gestes de préparation et savoirs botaniques relient les plantes aux territoires et aux générations.
Lontan. Marché couvert, paniers, vente en vrac et relations directes.
Aujourd'hui. Le marché forain reste une vitrine essentielle de la production péi.
Entre ces deux images se trouve toute l'évolution du commerce agricole : routes, véhicules, chambres froides, normes, coopératives, centrales d'achat, marchés forains, vente directe et aujourd'hui circuits courts.
Pluie, captage, retenues, irrigation et goutte-à-goutte déterminent ce qu'il est possible de produire.
Volcanique ne veut pas dire uniforme : altitude, pente, profondeur et matière organique changent d'une zone à l'autre.
Pioche, sabre, panier, arrosoir, houe et gestes manuels façonnent longtemps le travail.
Motoculteurs, tracteurs et véhicules réduisent certains efforts mais restent contraints par les fortes pentes.
Elles protègent certaines productions et permettent de mieux contrôler eau, climat et ravageurs.
Auxiliaires et nouvelles pratiques participent à la réduction de certains traitements.
La question moderne n'est plus seulement « que pouvons-nous cultiver ? ». Elle devient : comment produire localement, résister aux cyclones et sécheresses, économiser l'eau, protéger les sols, réduire les intrants et permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier ?
Associer les cultures, couvrir le sol et favoriser les équilibres naturels.
Observer les besoins, stocker et irriguer avec précision.
Préserver les pollinisateurs, les auxiliaires et les variétés adaptées.
Rapprocher production, transformation, marché et consommation.
Mieux suivre la météo, l'irrigation, les cultures et la commercialisation.
Former, documenter les gestes et permettre l'installation de nouvelles générations.
Café, coton, canne, épices, vanille, géranium, vétiver, vivres, vergers, élevage, maraîchage, fruits lontan, racines, palmiste, vacoa, curcuma, ail, babafigue, margoze…
Archives, témoignages, objets, gestes techniques et mémoires familiales permettent de prolonger cette histoire et de la transmettre aux générations suivantes.
Altitude, pluies, vents et sols permettent une grande diversité de productions sur un territoire restreint.
Fruits, grains, brèdes, racines et épices racontent les apports successifs des populations de l’île.
Bazars, marchés forains, circuits courts et transformations relient producteurs et consommateurs.
Les plantes aromatiques et médicinales relèvent d’un patrimoine culturel ; leurs usages ne remplacent jamais un avis médical.